Le black bass se pêche avec un nombre illimité de techniques, mais chacune répond à une situation précise. On attaquera pas de la même façon un poisson collé sous une branche qu'un poisson qui chasse en pleine eau.
Voici les six techniques qui couvrent l'essentiel d'une saison. Chacune associe une famille de leurres à une situation de pêche. Vous retrouverez tous les modèles cités dans nos leurres pour le black bass.
Le jig est la technique la plus polyvalente de cette liste, mais se trouve encore trop souvent réduite à des pêches lentes au contact du fond. D'autres techniques comme le Swimming jig, Stroke jig, flipping/pitching vous aideront à tirer partie de ce formidable leurre.
Sa force principale reste l'accès aux poissons calés dans le dur : sous un arbre tombé, contre un ponton, dans un tas de branches. Là, tout se joue sur l'anti-herbe, et c'est le sujet de développement du Zero One Jig. OSP a abandonné le trou circulaire classique au profit d'un trou oblong dans lequel les fibres sont implantées à l'horizontale, en nombre calibré pour chaque grammage. L'écart entre la brosse et la pointe reste donc plus faible que la moyenne, ce qui empêche, branches ou autres obstacles de s'y insérer. La brosse étant plus proche du piquant de l'hameçon, elle n'a donc pas besoin d'être allongée, ce qui préserve le ferrage.
L'œillet, lui, est placé au-dessus du centre de gravité de la tête : le jig se redresse au moment du ferrage même s'il est couché dans la gueule du poisson, et il garde une posture horizontale quand il reste accroché sur un obstacle. Le bait keeper est cranté de façon à retenir le trailer sans le déchirer, ce qui compte quand vous enchaînez les skippings appuyés.
Retrouvez notre article sur la pêche du Black Bass au jig afin de savoir quelle taille/couleur choisir selon les conditions et les animations à connaître.
L'écrevisse fait partie intégrante du régime alimentaire du Bass. Un leurre souple qui l'imite est donc une base sûre pour le pêcher. Monté en texan, ce leurre devient un réel passe partout.
Sur le DoLive Craw, OSP a construit chaque appendice pour qu'il travaille indépendamment du corps. Les pinces, que la marque appelle Swing Hands, prennent l'eau pendant la chute et pendant la nage, et continuent de balancer même quand le poisson est peu actif. Les tentacules sensorielles et les quatre pattes inversées vibrent en continu, y compris quand le leurre est immobile sur le fond : il reste donc une action résiduelle pendant les pauses longues. Le corps a été dessiné avec une largeur et une épaisseur mesurées, de façon à rester passe-partout tout en laissant de la place pour enfoncer la pointe d'un hameçon texan.
Trois montages couvrent la plupart des cas :
- le texas léger, avec une balle de 3 à 5 g, pour prospecter des bordures et des herbiers clairsemés ;
- le texas lourd ou le jika rig, pour traverser des herbiers plus dense ;
- en trailer sur un jig
Les hameçons texans correspondants se trouvent dans notre rayon hameçons.
Reste maintenant à savoir quand préférer le Texas au jig. C'est la nature de l'obstacle qui tranche pour vous : une structure dur comme un arbre mort, pile de pont ou éboulis de roches vous fera choisir le jig tandis qu'un montage texas glissera bien mieux sur la végétation.
À l'opposé du jig, le chatterbait sert à couvrir de l'eau. Sa lame plate vibre dès les premiers tours de manivelle, traverse la végétation clairsemée et provoque des attaques réflexes sur les poissons embusqués.
Bien qu'excellent sur le terrain, le Jack Hammer standard reste une grosse proie pour beaucoup de nos milieux et de nos poissons. La version Baby répond à ça. Le constructeur annonce une lame de taille réduite qui fonctionne à une fréquence de vibration plus élevée avec des éclats lumineux plus discrets, la même mise en route immédiate dès le premier tour de manivelle, et une liaison directe entre la lame et la tête qui fait dévier le leurre au contact de la végétation. La version Baby garde les mêmes traits que son grand-frère : une tête compacte, une répartition des masse vers l'arrière qui lui assure une position horizontale à la récupération ainsi que le porte-trailer à double fil qui maintient le tout en place, ce qui évite de le remettre en position tous les trois lancers.
Il existe des postes où aucun leurre classique ne passe : tapis de nénuphars, herbiers affleurants, branchages posés sur l'eau. Les bass s'y installent précisément parce qu'ils y sont tranquilles. La frog est alors votre meilleur atout.
La Basirisky occupe une place à part dans cette famille des frogs. Ce n'est pas un popper à bouche concave mais un crawler : à la récupération lente et régulière, ses appendices latéraux frappent la surface en alternance et produisent un clapotis sonore qui appelle les poissons de loin. Le corps souple et creux flotte, avec un trou de vidange à l'arrière pour évacuer l'eau qui finit par entrer. Le lest est placé en position ventrale, ce qui équilibre le leurre au lancer et permet de le skipper loin sous les frondaisons. L'armement se réduit à un hameçon simple Owner fort de fer, caché dans le corps pointe vers le haut, en 4/0 sur le format 60 et en 6/0 sur le format 70.
Le ferrage demande de la patience : un bass qui explose sous une frog ne l'a pas toujours en gueule, et il faut attendre de sentir le poids avant de ferrer. Le reste se joue sur le matériel, puisqu'il faut ensuite extraire le poisson. Tresse de fort diamètre, frein serré, et une canne qui ne laisse pas de place au doute. Un test indépendant recommande une action médium heavy pour le format 60 et heavy pour le 70, ce qui correspond à ce que demande l'ouverture d'un simple 4/0 ou 6/0 fort de fer.
Frog ou texan lourd ? Les deux pêchent le couvert dense, mais pas à la même hauteur. La frog reste en surface et convient quand les poissons montent chercher, typiquement par eau chaude et en pleine journée sur un tapis établi. Le texan lourd traverse le tapis pour aller chercher les poissons dessous, ce qui devient le bon choix quand les attaques en surface s'arrêtent ou quand la couverture végétale est trop épaisse pour laisser passer le son.
Il arrive un moment dans une journée où les poissons sont visibles, suivent les leurres et n'attaquent plus rien. On rentre alors dans le domaine de la finesse, avec un armement minimal et des animations réduites. Deux familles y répondent, et elles ne se remplacent pas : le stick worm travaille sur la chute et sur des animations sur place, le soft jerkbait travaille horizontalement en imitant un poisson blessé.
Le stick worm, pour pêcher la chute et le sur-place
Le DoLive Stick est construit pour cela. Sa partie basse est plus chargée en sel, ce qui abaisse le centre de gravité et stabilise la posture pendant la chute, un détail qui compte sur des poissons méfiants. Trois emplacements de piquage sont prévus dans le corps : selon celui que vous choisissez, le leurre tombe à la verticale ou glisse en biais, de quoi le faire dériver sous un ponton ou une branche basse. Il accepte le weightless, le wacky, le Neko rig avec une nail weight, le drop shot et le texan.
Le soft jerkbait, pour pêcher horizontalement
Le Super Fluke répond à un autre besoin. Monté sans plomb sur un hameçon texan, animé par deux ou trois coups de scion suivis d'une pause, il imite un poisson blessé qui bascule sur le flanc. C'est le modèle de référence de sa catégorie, décliné depuis par la plupart des marques. Le format 5.25 pouces reste le plus polyvalent ; la version 7 pouces s'adresse aux poissons qui chassent de grosses proies et se pêche sur du matériel plus puissant.
Pour choisir entre les deux, regardez où sont les poissons. Des bass posés sur le fond ou collés à une structure appellent le stick worm et sa chute lente. Des bass suspendus entre deux eaux, ou qui suivent sans se décider, appellent le soft jerkbait et son déplacement horizontal.
Au début du printemps et en fin de saison, lorsque les eaux sont froides, les bass peuvent devenir plus apathiques, un leurre avec un déplacement d'eau moins intense devient alors une bonne solution pour déclencher des attaques.
Le principe du jerkbait suspending tient dans l'alternance. Deux ou trois coups de scion secs pour faire darter le leurre, puis une pause longue de 3s à parfois près de 30s pendant laquelle le leurre reste immobile entre deux eaux. Gardez votre bannière détendue et observez la, l'attaque arrive presque toujours durant cette phase de pause.
Le Varuna 110 est construit autour de cette pêche. OSP annonce une structure interne en nid d'abeille qui réduit de 40% les parois du corps et recentre les masses. Trois billes de tungstène coulissantes partent vers la queue au lancer pour stabiliser le leurre en vol, puis reviennent vers l'avant à la récupération pour produire le darting latéral. En action de pêche, ce qui compte le plus est la tenue de la pause : le leurre tient à plat sans basculer sur le flanc, y compris après une série de coups de scion rapides.
C'est la température qui tranche entre finesse et jerkbait, plus que l'humeur des poissons. En eau froide, un bass ne poursuit pas mais réagit à un leurre qui reste devant lui, ce qui donne l'avantage au jerkbait suspending. Dès que l'eau se réchauffe et que les poissons se remettent à suivre, les worms en finesse reprennent la main.
La taille suit celle des proies présentes. Un 110 mm convient à la majorité des situations en eau douce française. Un format 130 mm prend le relais quand les poissons se sont calés sur de grosses proies.
Le choix ne se fait pas au hasard : c'est le poste qui décide. Du couvert dense et des poissons peu actifs appellent le jig ou l'écrevisse, de l'eau ouverte et des poissons en chasse appellent le chatterbait. Un tapis végétal appelle la frog, des refus répétés la finesse, et une eau froide le jerkbait.
Le matériel suit la même logique, et pas seulement en puissance de canne. Plus le poste accroche, plus l'ensemble se durcit sur les trois plans à la fois : tresse sans élasticité pour transmettre le ferrage à distance, frein serré pour sortir le poisson du couvert avant qu'il ne s'y enroule, canne avec de la réserve dans le talon pour ouvrir un hameçon fort de fer. À l'inverse, la finesse demande du fluorocarbone qui amortit, un frein réglé souple et un scion sensible, parce que les poissons sont en eau claire et que le ferrage se fait sur un hameçon fin. Une frog et un drop shot ne se pêchent donc pas sur le même ensemble, et nos cannes à pêche pour le black bass sont classées par usage.








Commentaires
0Connectez-vous pour laisser un commentaire.
Se connecter